Roubaud, sous-chef de gare au Havre, se rend à Paris afin de défendre sa cause, un usager ayant déposé une plainte contre lui. Sa femme Séverine l’accompagne afin de faire quelques emplettes.
Roubaud apprend que Grandmorin, le président de la compagnie, aurait abusé d’elle, adolescente. Il questionne Séverine afin de savoir si elle n’était pas un peu consentante.
Une violente discussion s’engage. Roubaud comprend maintenant l’origine de ces petits cadeaux que Grandmorin faisait à Séverine, et surtout de cette part d’héritage promise lors de la mort du notable.
Elle répond qu’elle n’a pas de comptes à lui rendre sur sa vie d’avant leur mariage.
Mais il entreprend de la venger, voire de se venger, avec, finalement, l’accord de Séverine.
A l’occasion d’un voyage en train de Grandmorin, où il occupe un « coupé», une voiture officielle, le couple se débrouille pour monter en sa compagnie, où ils ne seront pas dérangés car ils seront les seuls occupants.
Roubaud et sa femme envisagent de passer à l’acte lors du passage dans un tunnel. Mais, raconteront-ils plus tard, ils ont été retardés, et le crime a lieu à la sortie du tunnel.
Jacques Lantier, un « mécanicien », c’est-à-dire conducteur de locomotive, se trouvait sur le bord de la voie, et a vue clairement le crime se faire, mais sans reconnaître le meurtrier, Roubaud, qu’il connaît pourtant comme collègue.
Jacques Lantier est le fils de Gervaise Macquart et d'Auguste Lantier, comme nous l’avons vu dans « l’assommoir ». Auguste Lantier était alcoolique et cela a donné lieu à des troubles psychologiques chez Jacques, qui a des instincts criminels. A plusieurs reprises dans le roman, en présence d’une femme, il est en proie à ces instincts et doit la fuir pour éviter le pire.
Jacques Lantier et Séverine deviennent amants, d’abord en cachette, puis au vu et au su de Roubaud, qui n’éprouve qu’indifférence, car il a sombré dans la jeu et dilapidé l’héritage.
Mentalité du criminel
Dans ce roman Zola revient sur l’étude de la mentalité du criminel, qu’il avait déjà développée dans un précédent roman « Thérèse Raquin », avant qu’il ait commencé la série des Rougon-Macquart.
Qu’est-ce qui passe par la tête de quelqu’un qui a des envies de meurtre ? Pour Jacques Lantier c’est un mal qui le ronge, dont il veut, mais dont il ne peut se défaire. En présence d’une femme, cela prend bientôt le dessus face à la séduction, le désir sexuel.
A plusieurs reprises, en présence d’une femme désirée, il doit prendre la fuite afin d’éviter le pire. Il se retrouve hébété dans une prairie, arrache des touffes d’herbe, comme pour extirper son mal.
La Lison
La Lison, la locomotive, est un personnage à part entière, expérimentée, courageuse, conciliante.
Celle qui va la remplacer, après le drame, sera une jeune fougueuse et capricieuse.
Jacques Lantier éprouve sans doute plus de tendresse pour la Lison que pour n’importe quel être humain.