Tantôt on travaille à quelques œuvres de commande, comme gagne pain. Mais on revient à la grande œuvre de sa vie, qu’on présentera à l’exposition de l’Académie.
Claude prépare un tableau monumental, qu’il travaille en se munissant d’un escabeau. Il s’agit d’une scène champêtre, des personnages secondaires, dont un homme habillé qu’on voit de dos, entourant le personnage central : une femme nue.
Au début du roman, la femme est seulement esquissée, et Claude s’emploie surtout à travailler les personnages secondaires. Ses camarades le lui reprochent, « tu passes trop de temps sur ces personnages, quand vas-tu t’attaquer à la femme ? ». Visiblement Claude se réserve, s’économise.
On pourrait aussi penser, au contraire, qu’il peaufine les personnages secondaires au maximum, de façon à relever la barre, et qu’il soit contraint de faire encore mieux pour la femme.
Christine
Au début du roman, Claude, en rentrant chez lui, trouve une femme blottie au pied de sa porte, toute trempée. Elle vient de province et devait se rendre chez une relation, une femme âgée, qui la prend comme femme de compagnie, ou d’aide.
Mais elle s’est perdue, après être descendue du train.
Claude lui propose de rentrer chez lui un moment, pour se sécher et prendre un peu de repos. Mais étant donné l’heure, il se rend compte qu’il vaudrait mieux qu’elle passe la nuit, il possède une pièce à part, il n’y aurait pas de problème.
Dans un premier temps Christine se méfie, mais elle finit pas accepter.
Le lendemain, après avoir remercié Claude pour l’hospitalité, Christine part rejoindre la personne qui l’attendait.
Par la suite, Christine revient régulièrement voir Claude, comme pour le remercier. Elle lui raconte comment cela se passe avec la dame âgée. Claude lui parle des difficultés qu’il a avec ce grand tableau, notamment pour peindre le personnage central, qu’il a maintenant commencé. Il ne sent pas inspiré, les modèles se succèdent mais ne correspondent jamais à ce qu’il veut.
De jours en jours, leur relation se faisant plus intime, Claude continuant à se plaindre de ses difficultés, Christine s’offre littéralement à lui comme modèle.
Elle se déshabille, prend la pose, et Claude se met à travailler d’arrache-pied. Il termine le tableau, pour lui c’est un chef d’œuvre, son chef d’œuvre. Christine se révèle être le modèle qu’il lui fallait.
Peu après, Christine se donne vraiment, cette fois, ils se marient et ont un enfant.
Mais le drame va venir du fait que « cette femme » sur le tableau, devient la rivale de Christine dans le cœur de Claude.
Les amis artistes
Au début, Claude laisse ses amis en dehors de sa liaison avec Christine, ils n’en sont pas informé. Tout au plus remarque-t-on qu’il est moins présent depuis quelque temps.
Mais un jour, ils croisent Claude et Christine, bras dessus bras dessous. Ils ont la délicatesse de ne pas interpeller Claude, et lui adressent un simple coup d’œil, l’air entendu.
Ils s’empressent ensuite de rendre visite à Claude, qui leur présente son épouse et modèle. « Tu as raison d’avoir pris femme », « oh tu sais, ça vient tout seul ».
L’exposition
Le groupe envisage de présenter leurs œuvres à l’exposition de l’Académie. Mais aucune d’entre elles n’est admise à l’exposition officielle, seulement à l’exposition « des refusés ».
Le jour de l’exposition, le groupe envisage d’aller voir les réactions du public, face à leurs œuvres. Mais pour parvenir à l’exposition « des refusés », il faut traverser toute l’exposition officielle. Chose qu’ils font avec force mépris pour ces artistes chou-chou de l’Académie, qui ne font que reproduire l’arrière garde et n’apportent aucune innovation ni progrès.
Pour l’occasion, Claude avait fait un petit tableau, car son chef-d’œuvre n’est pas terminé. Il le cherche dans l’exposition, mais ne le retrouve pas.
Puis on entend monter un brouhaha qu’on identifie à des rires moqueurs. On se rapproche de la source du trouble, et on se rend compte que c’est du tableau de Claude qu’on se moque copieusement. « Quel ridicule, quel scandale, comment peut-on faire un telle horreur ! »