Au bonheur des dames

Émile Zola

Nous retrouvons Octave Mouret qui, dans « Pot-bouille », avait hérité par veuvage du magasin « au bonheur des dames ». Il va en faire un très grand magasin où l’on se bousculera, surtout les épouses fortunées. Et cela en écrasant la concurrence qui s’obstine dans un commerce d’antan.

Denise arrive de sa province à Paris, avec ses deux frères à charge. Elle se rend chez un oncle, qui tient un de ces commerces désuets, avec vitrine donnant sur le « Bonheur ».

Elle espère que son oncle la prendra comme vendeuse, mais le vieil homme lui explique dans quels difficultés sont les anciens commerces comme le sien, face à la montée du « Bonheur ».

Mais Denise est fascinée par ce magasin de l’autre coté de la rue, l’abondance et la lumière, face à cette obscurité des anciens magasins qui croupissent.

Son oncle ne lui en veut pas, puisqu’il n’a pas pu la prendre, et il reconnaît que c’est l’avenir, pour elle.

En attendant à l’entrée du magasin qu’on s’occupe d’elle, elle voit entrer un jeune homme d’un pas alerte, qui a l’air de quelqu’un d’important. Ce n’était autre que Mouret, le patron.

Elle voit aussi un jeune homme, qui attend en même temps qu’elle. Il sera pris lui aussi dans le magasin, et il deviendra son soupirant, malheureux.

Les débuts sont difficiles pour Denise, qui n’a pas de salaire fixe, et a à peine de quoi s’habiller. Elle est vilipendée par ses collègues, qui la surnomment la « mal coiffée ». Zola décrit une belle chevelure blonde, mais « trop lourde ».

En principe les vendeuses  prennent les clientes à tour de rôle, en inscrivant leur nom sur une ardoise, dans l’ordre où elle arrivent. Mais les anciennes usent souvent de « passe-droits ».

Son frère aîné multiplie les aventures coûteuses et vient régulièrement au magasin demander de l’argent à Denise. Après quelques explications, elle finit toujours pas accepter et cela ne fait qu’augmenter ses difficultés.

Ce petit manège inspirent les commères qui montent cela en neige : « elle voit un homme, on en a mis dehors pour moins que ça ». Cela arrive jusqu’à la « première », la chef des vendeuse, Denis est congédiée : « passez à la caisse ».

Dans un premier temps, Mouret s’emporte en disant qu’on aurait pu l’avertir, qu’on ne jette pas les gens comme cela à la rue.

Puis, devant les arguments des cadres, proches de lui dans la hiérarchie, il feint d’obtempérer. Mais il va s’employer par la suite à la repêcher.

Denis va travailler un certain temps chez un vieil homme, qui tient, comme son oncle, un commerce en décrépitude. Mouret a proposé à cet homme d’acheter son magasin, car cela lui permettrait d’agrandir le « Bonheur des dames ». Il lui a proposé des sommes toujours plus élevées, mais le vieil homme s’obstine dans le refus.

Un jour, Mouret rencontre Denise devant le magasin, qui se trouve, comme celui de son oncle, dans la même rue que le « Bonheur ». Il se confond en excuses et reconnaît qu’il y a eu méprise à propos de son frère. Il lui propose de réintégrer le « Bonheur ».

Après quelques péripéties, nous apprenons que Denise a bien été reprise par Mouret au magasin. La « première » s’est radoucie et est aux petits soins avec Denise, maintenant qu’elle sait qu’il y a peut-être anguille sous roche avec le patron.

De « la mal coiffée », on passe à « la couchée » chez les commères, pour parler de Denise.

Mouret s’est ouvertement déclaré à Denise, mais elle refuse car elle veut « rester libre ».

Pauline, une des rares amies de Denise au magasin, lui conseille d’accepter car son avenir serait assuré, et « ce n’est quand même pas si terrible ».

Cette dragée haute est interprétée par certaines de ses collègues, non sans admiration, comme un chantage au mariage.

Pour se débarrasser de lui, Denise avait dit à Mouret qu’elle en aimait un autre. Vers la fin du roman, Mouret lui demande des explications sur cet « autre ».

Elle le prend dans ses bras et lui chuchote à l’oreille : « mais c’est vous que j’aime », mais elle continue à se refuser à lui.

Cependant on devine que Mouret est maintenant apaisé, peu lui importe le reste du monde.

Octave Mouret est le fils aîné de François Mouret, le « fou » de « La conquête de Plassans ».