Nouvelle à un seul personnage, le narrateur, qui est en compagnie d’un second personnage, qu’on ne voit ni n’entend. De temps en temps, le narrateur répond à une courte réplique que, imagine-t-on, l’autre a dû prononcer. Comme par exemple : « Vous riez ? Mais c’est très sérieux... », ou encore : « Pourquoi ne l’ai-je pas fait alors ? Mais parce que... ».
Cet entretien à épisodes (les chapitres) a lieu dans divers lieu de rendez-vous, comme un estaminet ou un parc, « asseyons-nous sur ce banc ».
Dans ce genre de roman, on se demande si le narrateur est l’auteur ou pas, un peu, beaucoup, pas du tout… Marcel veut être Proust alors que, par certains cotés, il ne l’est surtout pas, comme, par exemple, relativement à l’homosexualité. Ici, au contraire, Camus nous présente un personnage d’un cynisme avéré, qui « n’est surtout pas lui », alors qu’il tient probablement beaucoup de lui.
Ce narrateur va parler de lui-même, en justifiant ses pensés, ses opinions et ses actes, réputés peu convenables, par des arguments souvent pré-fabriqués, ou provocateurs, mais néanmoins pittoresques. Sous l’oreille de l’autre, qui n’est guère contrariant.