Il y a une digression sur une autre famille : celle du meilleur ami d’enfance de Jacques Thibault, le fils cadet.
Lorsque, au cours du deuxième volume, nous vivons le combat révolutionnaire et pacifiste du cadet, on a l’impression d’avoir changé de roman, d’être passé dans un roman d’aventure. Qui se termine dans les tranchées.
Au cours du troisième tome, on se demande si la guerre va éclater. Ce n’est pas possible, « ils » ne vont pas envoyer s’entre-tuer des gens du peuple, pour défendre leurs intérêts financiers ou grandir leur rôle politique. Les gens ne vont pas marcher. Et puis soudain Jean Jaurès, le chantre de cet espoir, est assassiné. Et tout le monde « vire » au patriotisme, voire au mépris, du pays d’en face, qui devient ainsi un ennemi.
Comme le fils aîné est médecin, on a droit à beaucoup de détails médicaux, notamment dans le premier et le troisième tome. Ce qui fait de ce roman, un de ces romans « de médecin », comme je les déteste, comme ceux de Cronin, par exemple. Dans le premier tome, s’ajoute un coté macabre, plutôt pénible.
Il y a une certaine ampleur, à cette saga, cette fresque, une certaine profondeur, qui font que je vous en recommande tout de même la lecture, mais dire qu’il s’agisse d’un roman passionnant, est beaucoup dire.
Erratum 1 : le feu de brousse
Le personnage de Gise est probablement une métisse d’Afrique. A un moment, elle est en train de ranimer le feu dans la cheminée. L’auteur décrit les reflets des flammes dans ses yeux et sur sa peau, et cela lui fait penser à une africaine devant un « feu de brousse ». Il ne semble pas savoir que cette expression désigne non pas le feu qu’on fait pour faire la cuisine, fût-ce en Afrique, mais un incendie.
Erratum 2 : les cellules vivantes
Au cours de ces nombreux cours de médecine, auquel l’auteur se livre dans ce roman, il parle à un moment de tel traitement qui, au lieu de s’attaquer aux cellules malignes, s’en prend au « cellules vivantes ». Je suppose qu’il voulait dire, et qu’il aurait dû écrire « cellules saines ».